Malakoff, Alma, Sébastopol, Crimée : ce n’est pas qu’à Paris!

Le 8 septembre 1855: Mac-Mahon prend Malakoff

 

Prise de la tour de Malakoff par le général Mac-Mahon, le 8 septembre 1855, Adolphe Yvon
Prise de la tour de Malakoff par le général Mac-Mahon, Adolphe Yvon (1857)

Les faits:

Après un assaut terrible et acharné au cours duquel Mac-Mahon adressera le célèbre « J’y suis, j’y reste! » à son supérieur lui demandant de se retirer face au danger, la tour de Malakoff, véritable clef défensive de l’enceinte protégeant Sébastopol, tombe aux mains des zouaves français. Deux jours plus tard, les troupes russes se retirent de la ville, marquant ainsi la fin de la Guerre de Crimée, les ayant opposés à une alliance Franco-anglo-ottomano-sarde.

 

Le théâtre des opérations.
Le théâtre des opérations.

 

Pourquoi c’est important:

Ce conflit est considéré comme la première guerre moderne: utilisation de fusils à canon scié et d’artillerie de longue portée, obus explosifs, navires cuirassés et à vapeur, débarquements maritimes d’envergure, ravitaillement et renforts convoyés sur de longues distances, utilisation des chemins de fer, du télégraphe, apparition des reporters de guerre dotés d’appareils photographiques…).

Les enjeux de cette guerre européenne sont multiples: l’Empire russe de Nicolas 1er tente de s’étendre autour des mers chaudes (mer Noire et Méditerranée orientale) aux dépens de l’Empire ottoman; du côté anglais, la reine Victoria entend maintenir le statut quo dans la région qui assure le passage vers les Indes; le Second-Empire de Napoléon III tente de redevenir un acteur incontournable en Europe grâce au prestige de victoires militaires. L’Empire ottoman quant à lui, comparé à « un vieil homme malade », s’efforce de conserver ses territoires, qu’il ne cesse pourtant de perdre au profit des puissances européennes. Enfin, le royaume de Piémont-Sardaigne tâche de faire bonne figure afin de se ménager des soutiens dans l’optique d’un futur conflit avec l’Empire austro-hongrois.

Les pertes en vies humaines furent très importantes tout au long du siège de Sébastopol, dont près de la moitié du fait des maladies (choléra, typhus, dysenterie). On estime les pertes totales à plus de 500 000 hommes, dont près de 100 000 français.

L'inéxorable démembrement de l'Epire ottoman.
L’inexorable démembrement de l’Empire ottoman.

 

Ce qu’on peut en voir (et entendre):

 

Le pont de l'Alma.

Le pont de l’Alma, baptisé ainsi d’après une bataille de la Guerre de Crimée, et son zouave.

 

Un épisode de l’émission radiophonique 2000 ans d’Histoire.

Pour aller plus loin:

Une monographie sur la Guerre de Crimée

Un documentaire très complet en anglais

 

Plus d’Anglais à Paris

Le 13 avril 1436, les Anglais sont vaincus à Paris

La reprise de Paris sur les Anglais, Jean-Simon Berthélémy Charles-Claude de Flahaut de la Billarderie d’Angiviller, Musée du Louvre

Les faits:

Le 13 avril 1436, les troupes fidèles à Charles VII, roi de France, prennent Paris aux dépens des Anglais, présents dans la ville depuis 1418. Ils sont sous les ordres du connétable Arthur de Richemont, et sont aidés des bourgeois parisiens qui en ont assez des privations endurées et des excès des soldats et auxiliaires anglais.

Pourquoi c’est important:

Cet événement marque un tournant dans la reconquête du royaume de France par Charles VII et ses affidés, aventure qui s’achèvera en 1453. Là où Jeanne d’Arc avait échoué 7ans plus tôt faute de soutien, les fidèles du roi, aidés des Bourguignons (auxquels ils sont alliés par le traité d’Arras de 1435) s’attellent à « bouter les Anglais hors de France » avec enthousiasme et réussite.

Ce qu’on peut en voir aujourd’hui:

On peut bien sûr s’imaginer en se promenant à Paris les troupes de Bretons parcourant la distance entre la Porte de Saint-Jacques et la Bastille, ou le peuple de Paris lançant depuis leurs fenêtres et les toits des monceaux de pierres et de tuiles sur la soldatesque anglaise, mal à l’aise dans les rues étroites et boueuses de la ville médiévale.
On peut également aller au Musée du Louvre pour contempler le tableau de Jean Simon Barthélémy, datant de 1784 et relatant cet épisode.

Pour aller plus loin:

Chronologie de la guerre dite de Cent Ans
Guide de Paris au Moyen-Âge